Le voyage, la planète, la responsabilité

Le voyage, la planète, la responsabilité

J’aime voyager, fascinée par la découverte de notre planète, et de tout ce qu’elle a à offrir : de la beauté des paysages irréels, des animaux étranges, ou de la richesse de toutes les cultures existantes… Cela me permet de voir le monde tel qu’il est, et non à travers les médias. A chaque voyage, je m’instruis et deviens plus tolérante. Fondamentalement, voyager me construit et me donne des souvenirs que je véhiculerai dans le temps.

Le voyage, la planète, la responsabilité
Le voyage, la planète, la responsabilité

Si le voyage m’apporte tellement, il m’arrive souvent de me demander ce que j’apporte en retour aux gens rencontrés et aux lieux parcourus ?…

  • Un revenu, ça c’est certain, créateur d’emploi, dans les guesthouses, les hôtels, les guides… Je participe indéniablement à l’économie du tourisme, mais malheureusement, pas souvent en étant sûre que la répartition de ce revenu soit vraiment équitable.
  • Un sourire aussi !

Mais quand je me retrouve à la fenêtre d’un bus, longeant la panaméricaine (Panama), et voyant un énorme panneau indiquant : “superbes appartements et chambres à louer, avec vue sur le Pacifique”, et d’apercevoir plus loin plusieurs énormes immeubles moches mais tous neufs, quasiment sur la très belle plage jusqu’alors préservée, je me dis que je participe un peu à ce genre de conneries, rien qu’en venant…

Ou de savoir qu’un aéroport est en construction au Sud de l’île de Lombok (Indonésie), pour pouvoir faire venir le flot de touristes, profiter des merveilleuses plages encore isolées…

Ou que de vieilles cités sont tous les jours un peu plus piétinées sous nos pas, les abimant irrémédiablement…

Cela me déconcerte, voire me dégoute, et me culpabilise. Si je vais dans de tels endroits, effectivement, pourquoi pas tant d’autres voyageurs ?

Et dans le fonds, si je fais très attention à mon comportement (propreté, pas de gaspillage, amabilité), ce n’est finalement pas le cas de tout le monde. Je me rappelle encore de Maya Beach (celle du film “La Plage”), où j’étais allée sur la petite plage à côté : elle était si sale, si polluée, qu’on peut se demander où va le tourisme… Je me souviens également de la dernière fois où j’ai fait du snorkelling, à la grande barrière de corail (Australie), certains îlots de coraux étaient magnifiques, tout en couleur, mais d’autres étaient morts. Ce qui m’avait frappée, c’était la grande proportion de coraux morts…  Est-ce dû au tourisme, au réchauffement climatique, au cycle naturel ? En tout état de cause, l’intrusion du voyageur en masse dans un environnement si fragile y est surement pour quelque chose. En tant que voyageuse, je me dis qu’il y a des limites où il ne faut pas aller, où il faut savoir se restreindre.

Je ne souhaite pas ici faire de différence entre ceux qui voyagent en sac à dos / backpack, et les autres en valise / hôtel. Je crois qu’il doit y avoir des fois où je dois plus ressembler à l’un, et d’autres fois à l’autre. Il n’y a de différence que l’argent dépensé sur place, l’une ou l’autre formule de voyage n’est en aucun cas un gage de responsabilité environnementale ou humaine une fois sur place.

Et moi je suis là, à constater. Passivement, j’ai l’impression de contribuer à ce développement frénétique négatif. Parce que je ne choisis pas toujours des éco-lodges ou des éco-guides, parce que je prends l’avion (dont la dépense énergétique n’est plus à prouver)…

Le voyage semble être un plaisir presque égoïste, pour se construire soi-même, plutôt que pour aider à construire équitablement. La seule contrepartie de l’argent n’est plus assez bénéfique pour l’homme et la planète, lorsqu’on sait que certains assèchent des marécages pour y construire des hébergements, sachant toutes les conséquences néfastes pour la faune et la flore, ou encore sur le déplacement de population que cela induit. Et cela n’est qu’un exemple parmi tant d’autres…

Je n’ai pas encore trouvé de réponse à ma question : quand je voyage, qu’est ce que j’apporte de vraiment bénéfique, alors que je reçois tellement ? J’essaie toujours d’améliorer un peu plus mon comportement, vérifiant si les préoccupations de développement durable et équitable existent derrière les prestations que je choisies, mais j’avoue, ce n’est pas pas encore du 100%.

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